Le Quartier Franc

On attribue la naissance du Quartier Franc à l’édification du Fondouk des Français affecté durant deux siècles aux Consuls de France. La Porte de la Mer, l’ancienne Place de la Bourse, les rues de l’Ancienne Douane (rue du Consulat), des Glacières (rue du Rempart), de la Commission, de Jamaâ Ez-Zitouna (rue de l’Église), de la Kasbah (rue Et-Touila) constituent le Quartier Franc qui se développa pendant les 18e et 19e siècles. Cette place et ces rues sont encore bordées par les premières constructions européennes, surtout françaises et italiennes, qui composèrent l’ancien Quartier Franc distinct des autres quartiers de la Médina.

Les communautés chrétiennes habitaient jusqu'à la moitié du 17e siècle dans des fondouks qui devaient se trouver dans les parages extérieurs de Bab B’har. L’avènement des Turcs, plus tolérants que leurs prédécesseurs les Hafsides, a permis aux négociants européens de loger dans la Médina même. À partir de cette date on voit s’ériger intra muros les fondouks des Français, des Anglais et des Hollandais avec des typologies introverties.

À partir du début du 20e siècle, les Européens s’établirent de préférence aux alentours de Bab B’har, au débouché des rues de la Kasbah, de l’Église, des Remparts, de la Commission et en bordure de la Promenade de la Marine. Tunis connut un essor dans la construction : des maisons de facture occidentale s’érigeaient en contraste avec les maisons traditionnelles autour de la place de la Bourse et des terrains vagues gagnés sur les marécages au voisinage du nouveau Consulat de France.

Les commerçants les plus riches, génois et marseillais, étaient parmi les premiers à quitter les fondouks pour aller s’installer dans des habitations indépendantes, plus vastes et mieux adaptées à leurs nouveaux modes de vie. On note que les transformations les plus importantes se situent au niveau de l’architecture, avec des immeubles à étages dont les façades ouvrent sur la rue avec des fenêtres : le Consulat d’Angleterre reconstruit en 1913 ainsi que le Consulat de Suède qui s’édifient autour de la place de la Bourse. Il en résulte sans doute une grande évolution de l’ancien Quartier Franc avec un renouvellement de son aspect tant extérieur qu’intérieur.

Avec le développement de la ville nouvelle, les Consulats commencèrent à y élire domicile à l’instar du Consulat français à l’exception de celui de la Grande-Bretagne qui n’a quitté le quartier que ces dernières années. Des familles siciliennes et maltaises de modeste condition investissent alors les lieux, remplacées, depuis l’Indépendance, par des locataires tunisiens.